A Rome, un autel conserve la mémoire du bienheureux Floribert Bwana Chui
Le 4 mars 2026, une relique du bienheureux Floribert Bwana Chui, le jeune Congolais membre de Sant'Egidio martyrisé à Goma en 2007, a été déposée sur l'autel de la chapelle du Crucifix de la basilique Sainte-Marie-du-Trastevere.
Il s'agit de la veste que le jeune homme portait au moment de son martyre, laquelle porte les traces des tortures subies. Dans la chapelle, aux côtés de la relique, a été placée une icône représentant le bienheureux Floribert tenant la Bible ouverte sur le verset de la lettre aux Romains (12,21) : « Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien. »
Commentaire de Mgr Ambrogio Spreafico
Romains 8, 35-39
Qui nous séparera de l'amour du Christ ? Serait-ce la tribulation, l'angoisse, la poursuite, la faim, la nudité, les périls, le glaive ? Selon qu'il est écrit : C'est à cause de toi qu'on nous met à mort tout le jour, qu'on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie. Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. Car j'ai l'assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur.
Frères et sœurs,
« Qui nous séparera de l’amour du Christ » ? Je suis convaincu que ni la mort, ni la vie, ni aucune autre créature ne pourra jamais nous séparer de l’amour de Dieu, qui est en Jésus-Christ, notre Seigneur.
Notre cher frère Floribert, martyr pour le Christ, en était convaincu, car il savait qu’il mettrait sa vie en danger en refusant de céder à la force de l’argent. Il l’avait dit : « Je ne veux pas céder. Si je ne détruisais pas ce qui est nocif pour la santé de tant de gens, si j'acceptais de me laisser corrompre, ce serait comme trahir tout ce en quoi j'ai cru, ce serait comme si j'acceptais ma propre destruction. » La force de l’argent et du pouvoir l’a tué, mais elle n’a pas détruit sa vie, qui continue de vivre entre les mains de ce Seigneur mort et ressuscité, entre les mains duquel il avait remis son existence.
L’Église, notre mère, par sa béatification, le confie à tous comme un jeune laïc à imiter. Elle nous aide à ne pas accepter que le mal l’emporte, à choisir notre camp dans un monde qui s’est habitué à se ranger du côté de la guerre et de l’argent.
Comme Andrea nous y a exhortés le jour de la béatification : dans l’humble Floribert, il y a une note héroïque qui manque si souvent à nos vies résignées. Son témoignage fait découvrir cette note héroïque à chacun de nous ; elle est une force de paix, de bien, de changement et de confiance en Dieu. Floribert a grandi à l’école de l’Évangile avec tant de frères et sœurs de la Communauté de Sant ’Egidio de Bukavu et de Goma.
Auprès des enfants de la rue, dont il était devenu l’ami ainsi qu'un père affectueux et respecté à l’École de la Paix, il a choisi d’être du côté du Christ, c’est-à-dire du côté des pauvres et de la paix. La vraie paix, celle qui se construit par le dialogue de l’amitié et non par les armes.
La foi donne aux chrétiens une force qui est résistance au mal et lutte pour le bien. Dans la fragilité de notre humanité, parmi les peurs qui voudraient nous rendre prisonniers du « moi », nous découvrons avec le bienheureux Floribert que nous sommes « plus que vainqueurs », comme nous le rappelle l’apôtre. Car en nous s’affirme l’amour de Dieu en Jésus, l’ami des hommes et des femmes, qui nous fait disciples et fils, et entre nous, sœurs et frères dans le « nous » de l’Église.
Aujourd’hui, dans cette basilique, précisément dans la chapelle du Crucifix, nous déposons sa relique. Le vêtement taché de sang qu’il portait lorsqu’ils l’ont tué. Puisse-t-il devenir le vêtement qui revêt notre humanité et celle de ceux qui se tourneront vers Dieu par son intercession. Afin que tous puissent se réjouir et vivre la force désarmée et désarmante de l’amour de Dieu.
Le Pape a dit : « Ce fut un homme de paix. Dans une région de tant de souffrance, il menait sa bataille pour la paix avec douceur. Serviteur des pauvres, pratiquant l’amitié et la rencontre. »
Pour ce don de vie et d’espérance, nous rendons grâce au Seigneur et nous prions, par son intercession, pour nous tous. Pour la paix sur sa terre et dans le monde entier. Amen.
Mgr Ambrogio Spreafico
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