À Paris, accueil de deux nouvelles familles ukrainiennes

Lorsque les Filles de la Charité ont contacté Sant’Egidio pour leur proposer d’accompagner des Ukrainiennes et leurs enfants qu’elles logeraient dans une aile de leur maison-mère, rue du Bac, la réponse a été positive, après avoir obtenu un soutien financier de la Fondation Notre Dame. Pendant que les sœurs préparaient les locaux et mobilisaient leurs soutiens pour trouver des canapés ou des vêtements, des couches, charge à Sant’Egidio de localiser des personnes à accueillir.

C’est par son action à Charenton et dans le bois de Vincennes que cela a été rendu possible. À travers elles s’étaient créés des liens avec Karine, directrice du Novotel de la ville. Très engagée, elle a ouvert des chambres de son hôtel à des Afghans, des personnes de la rue et tout récemment à des Ukrainiens pris en charge par la Croix Rouge. Grâce à elle Sant’Egidio a pu rencontrer deux mères ukrainiennes, Halyna et Khrystyna. Après leur avoir présenté les lieux et notre résolution à les accompagner, elles ont de suite accepté la proposition.

Début avril, Halyna, son fils Marc, 10 ans et sa fille Zlata, 2 ans et demi Khrystyna et son fils Stanislav, 10 ans, arrivaient dans leur nouvelle maison et découvraient avec ravissement les si jolis lieux et tout ce que les Filles de la Charité avaient prévu. Quel soulagement de ne plus être dans une chambre d’hôtel, quand bien même celle-ci était très confortable !

Accueillies par Sr Françoise Petit, Supérieure générale et Valérie Régnier, Présidente de Sant’Egidio France, les deux familles ont vite pris leurs marques dans ces murs plus que centenaires, aidées et rassurées par les sœurs Sabina et Alena, qui comprennent l’ukrainien et parlent russe. Les échanges entre elles n’ont pas tardé pendant que les garçons prenaient leurs marques ballon au pied. Ces jeux et les rires qui les accompagnaient bousculent un peu les habitudes de la maison, mais de l’avis de toutes, cela fait du bien.

Il s’agit maintenant d’aider à l’intégration d’Halyna et Khrystyna. Comme tous les réfugiés ukrainiens, elles disposent d’une protection temporaire, mécanisme mis en place par l’Union européenne, qui simplifie énormément le quotidien des réfugiés. Espérons que cette expérience poussera les gouvernements à étendre ce statut à tous les réfugiés. Anxieuses de retrouver une autonomie, Haylna et Khrystyna ont formulé des demandes très simples :  : apprendre le français, trouver une école pour les enfants, un travail, un logement. Notre volonté de les accompagner sur toutes ces questions les a soulagées.

Heureusement les administrations publiques ou locales sont aussi très mobilisées. Halyna et Khrystyna ont pu commencer des cours de français mis en place par la Marie de Paris et les garçons sont en voie d’être inscrits à l’école publique.

Des soutiens privés se sont aussi manifestés : de l’aide à la traduction par des bénévoles russo ou ukrainophones, toutes louées par Khrystyna et Halyna pour leur gentillesse, des dons de vêtements, d’objets utiles ou des activités pour les garçons par l’intermédiaire de la FACEL et le patronage du Gros Caillou, première découverte avec des Français de leur âge. La venue de l’École de la Paix un samedi a rappelé l’importance de se rencontrer et de se connaître.

Enfin l’une des très bonnes nouvelles depuis leur arrivée a été la proposition faite à Khrystyna, qui était pharmacienne en Ukraine, de travailler dans une pharmacie. Proposition acceptée avec un large sourire.

L’accompagnement continue et en parallèle la recherche d’autres réfugiés à accueillir. Une nouvelle famille est attendue la semaine prochaine.