Remise des insignes de Chevalier dans l’ordre national du Mérite à Valérie Régnier 

« Au nom de Monsieur le Président de la République : Valérie Régnier, je vous fais Chevalier de l’Ordre national du Mérite. » C’est par ces mots que Michel Camdessus, Gouverneur honoraire de la Banque de France, et ami de longue date de la Communauté de Sant’Egidio, a remis l’insigne républicaine à Valérie Régnier, présidente de Sant’Egidio en France, samedi 16 mars au Collège des Bernardins, devant un public nombreux d’amis venus tout exprès, et parfois de loin, pour l’occasion.

Citons tout particulièrement Hilde Kieboom, vice-présidente de Sant’Egidio, et le Pr Mario Giro, ancien vice-ministre italien, Madame l’Ambassadeur d’Italie Teresa Castaldo et Stefania Giannini, directrice générale adjointe pour l’éducation à l’Unesco, ainsi que d’autres amis très chers comme Mgr Ulrich, archevêque de Lille, Mgr de Sinety, vicaire général du diocèse de Paris, et le pasteur François Clavairoly.

La remise s’est faite sous des applaudissements nourris, à l’issue d’un très beau discours de Michel Camdessus exposant les raisons pour lesquelles la République a voulu « célébrer tous les services que vous lui avez déjà rendu et les vertus qui les expliquent ». Parlant des services rendus à la République, Michel Camdessus a longuement détaillé l’engagement de Valérie Régnier depuis 1992 dans « cette stupéfiante non-institution qu’est la Communauté Sant’Egidio, alors inexistante en France », de l’école de la paix aux Jeunes pour la Paix, en passant par le “continent” oublié des personnes âgées, le monde des sans-abri et des réfugiés, les repas de Noël, l’été de la solidarité et les Jeunes pour la Paix. 

 

L’amitié est votre signe distinctif

« Sant’Egidio, ce sont d’innombrables amis et l’amitié est votre signe distinctif », a-t-il résumé avant d’ajouter pêle-mêle d’autres initiatives en France et à l’international, comme autant d’espaces de dialogue propices à la médiation et aux chemins de paix : les conférences Culture et Paix, les rencontres interreligieuses annuelles dans « l’Esprit d’Assise », la rencontre « Orient et Occident : Civilisations en dialogue » en 2016 à Paris en collaboration avec l’Université al-Azhar et son grand Imam, Ahmad al-Tayyeb, la lutte contre la peine de mort, le travail en soutien du programme Dream contre le Sida en Afrique… pour finir par la promotion en France des Couloirs humanitaires, initiés en Italie fin 2015 par Sant’Egidio, et dont le protocole de mise en œuvre en France a été signé le 14 mars 2017 à l’Élysée.

Prenant alors la parole pour remercier, Valérie a déclaré : « Je considère le grand honneur qui m’est fait aujourd’hui comme rendu surtout à la Communauté de Sant’Egidio, et avec laquelle se confond ma vie et mon action. Je veux saluer et remercier tous mes amis de la Communauté présents aujourd’hui (…) avec une pensée particulière pour Marco Impagliazzo, président de la Communauté de Sant’Egidio, que je salue avec affection pour sa fidélité et son amour infatigable pour le monde. C’est vous, mes chers amis de Sant’Egidio, qui m’avez appris jour après jour avec votre amitié, votre exemple, votre rêve qu’il est possible de vivre non pas un engagement personnel ni même un projet mais un « nous » large, sans limite, dans lequel passe la vie. »

Elle a encore ajouté : « Les premiers pas de la Communauté en France ont été ceux d’Andrea Riccardi qui aime à rappeler combien le passage par la langue, la culture et l’humanité françaises a été, pour le jeune étudiant italien qu’il était au début des années 70, une initiation à un monde plus vaste. Je veux lui exprimer ici toute mon affection et ma reconnaissance pour son exemple, sa confiance et son espérance prophétique. »

Valérie a conclu en disant : « Je suis sensible à cette reconnaissance de la République française pour ces années de route vers l’universel, catholique donc et tellement républicaine, que représente pour moi l’histoire de la Communauté en France depuis cinquante ans, qui est aussi une histoire européenne et bien sûre mondiale. Sur cette route, je le dis avec les mots d’un très grand ami, Émile Poulat : « Notre étoile a été (et reste) un monde fraternel et pacifique, sans utopie, au quotidien » (…) La distinction qui m’est faite aujourd’hui représente un grand encouragement à poursuivre la route, à élargir la table, à faire « ce qui est possible, au-delà du possible ».