17 octobre 2018 – Depuis Bologne, un mouvement de paix pour construire des « Ponts de paix »

La rencontre internationale, à laquelle ont participé des milliers de personnes venues de toute l’Europe pour dire non à la peur, aux divisions et aux conflits. Impagliazzo : « Nous avons un rêve : la paix ». Les interventions de Bernice King et de l’évêque chinois de Haimen. Le rôle des religions et des mouvements humanistes dans l’unification spirituelle qui a manqué jusque-là à la mondialisation.

A partir de Bologne, pendant trois jours “capitale de la paix” selon l’archevêque Matteo Zuppi, naît “un mouvement de paix qui grandit et se développe dans le monde”. Un mouvement, dit le président de la Communauté de Sant’Egidio Marco Impagliazzo, fruit d’une exigence « partagée par de très nombreuses personnes sur toutes les terres,  un mouvement qui unit les cœurs, les pensées, les volontés, un mouvement de culture en faveur de la paix ». Le chantier ouvert à Bologne a vu la participation de milliers de jeunes et d’adultes venus de toute l’Europe, trois cents leaders de toutes les religions et de l’humanisme, 34 panels de discussion où l’on a parlé des blessures ouvertes, des guerres encore en cours, mais où l’on a également témoigné que « la paix est toujours possible », comme l’a encore rappelé Impagliazzo : « comme l’a dit il y a cinquante ans le père de notre hôte, Martin Luther King, I have a dream, nous avons un rêve : la paix ».

La rencontre internationale “Ponts de paix” organisée par la Communauté de Sant’Egidio et l’archidiocèse de Bologne s’est conclue Piazza Maggiore devant la basilique San Petronio, après que les représentants des diverses confessions religieuses se sont réunis pour prier en différents lieux de la ville.

Encore une fois, il a été fait référence au symbole des arcades qui caractérisent l’architecture de Bologne : «  la paix est une arcade qui protège chacun », a dit Mgr Zuppi. « Les ponts sont le bien commun de cette belle et unique salle qu’est le monde ». Tout de suite après, l’évêque catholique de Haimen en Chine, Joseph Shen Bin, a rappelé qu’il y a à peine un mois, un autre pont de paix a uni deux grandes réalités mondiales séparées depuis des décennies : « le 22 septembre, grâce aux efforts considérables de dialogue entre les deux parties, la Chine et le Saint-Siège ont signé un accord sur la nomination des évêques, pour intégrer pleinement l’Eglise chinoise dans l’Eglise universelle : cela a été le désir de nombreux papes et c’est aussi notre désir. A travers le dialogue a été construit un pont de paix qui a abattu un mur qui a duré presque soixante-dix ans. Grâce à ce pont, pour la première fois cette année nous avons deux évêques qui participent au synode. Pour la première fois depuis soixante-dix ans, l’universalité de l’Eglise s’est enrichie de leur présence. L’évêque de Haimen annonce déjà la prochaine étape en extrême Orient : « J’espère qu’un jour vous viendrez tous en Chine, pays accueillant et chaleureux. Vous pourrez alors voir que l’ouverture a déjà apporté beaucoup de prospérité sociale et économique ».

La paix est donc possible, même si “elle n’est jamais acquise et doit toujours être poursuivie ensemble, en purifiant les cœurs et les esprits, en aidant les peuples à regarder l’autre dans les yeux et à ne pas rester prisonniers de la peur », comme le souligne l’Appel de paix lu à la fin de la cérémonie finale et remis par un groupe d’enfants aux autorités religieuses et politiques présentes sur scène. Et pour construire la paix le rôle des religions est fondamental, pour « travailler à l’unification spirituelle qui a jusque-là fait défaut à la mondialisation et au destin commun de l’humanité », comme l’affirme l’Appel de Bologne. « Les religions sont des liens, des communautés, elles mettent ensemble. Ce sont des ponts qui unissent, elles recréent la famille humaine ». Il est également important que les hommes apprennent à se connaitre, expérimentent « l’art pratique du vivre-ensemble », a dit la fille de Martin Luther King, Bernice, pasteure baptiste comme son père, lors d’une intervention très applaudie : « il faut dialoguer pour se comprendre les uns les autres, dans un monde plein de violence, de racisme, de peurs, de guerres. Plus on croit, plus on est ouvert aux autres. Nous devons apprendre l’art pratique du vivre-ensemble ».

Après les trois journées de Bologne, la caravane de la paix s’est remise en route. Rendez-vous dans un an à Madrid, pour la prochaine rencontre dans « l’esprit d’Assise », du 15 au 17 septembre 2019 .

 

En pièces jointes :

Retrouvez tous les discours des interventions de ces trois jours sur le site internet : www.santegidio.org